John Coghlan

Né le 19 septembre 1946 à l'hôpital de Dulwich, quartier londonien, John Robert Coghlan n'est pas, contrairement aux idées reçues, un enfant turbulent. Il est le fils unique d'un père écossais, nommé Jack, travaillant dans l'ameublement et d'une mère londonienne, Ann. Son père participe au débarquement, en France, le 6 juin 1944 alors que sa grand-mère maternelle est Française. 'C'était une vraie petite grand-mère française. Elle était une remarquable cuisinière et concoctait des ragoûts fameux' se souvient John. C'est peut-être grâce à ça que John sera proche des Français. Monsieur et Madame Coghlan sont des amateurs férus de danse et pratiquement tous les week-end sont employés à satisfaire leur plaisir. John, lui, n'a d'yeux que pour le batteur de l'orchestre. Un jour, il met à profit un break pour monter sur scène, s'asseoir derrière la batterie et commencé à jouer, seul. Tous les ans, le petit John part avec ses parents, à l'été, passer quelques jours sur la côte, dans une caravane. De cinq à onze ans, il fréquente la Kingswood Primary School, située au coin de sa rue avant de fréquenter la Kingsdale Compréhensive School. Il aime la géographie mais déteste les mathématiques. 'Je n'aime pas parler de ma période scolaire. J'avais horreur de l'école, ça me terrifiait. Je voulais en sortir, le plus tôt possible. J'aurais certainement pû avoir une meilleure éducation mais j'en détestais le procédé'. Il abandonne très tôt l'école, en 1961, son souhait étant de devenir rapidement mécanicien. Il s'enrôle alors dans l'armée de l'air anglaise, est affecté à l'escadron 1475, à la division de Dulwich. Il espère ainsi toucher du doigt les avions qu'il vénère. Mais la batterie l'attire hâtivement et il joue avec le groupe, The Cadets, lorsqu'il est remarqué par les Spectres. Francis Rossi et Alan Lancaster ont alors l'intention de lui demander, en septembre 1962, s'il veut les rejoindre. Tout ce petit monde pense que The Cadets est un petit groupe sans aucun avenir mais le talent du batteur est là et certainement un atout pour une future et belle carrière des Spectres. Ils multiplient alors leurs demandes et veulent que John les rallie. C'est ce qu'il fît, promptement. L'osmose au sein du groupe est alors bien réelle. Autodidacte, John donne, tout de suite une nouvelle dimension à la formation. 'Personne ne m'a enseigné la batterie. J'ai appris seul en écoutant des batteurs sur des disques, ce qui était plus simple qu'à la radio car ça me permettait de recommencer et de recommencer ce que le batteur faisait'. Il se dit avoir été influencé par Tony Meehan, le batteur des Shadows mais son exemple restera toujours Buddy Rich. Il est surnommé 'Spud' par Rick Parfitt en 1970 alors que les deux amis marchaient dans Wardour Street. 'Je portais des fringues qui étaient très amples au niveau du postérieur et Rick m'a dit que je ressemblais à un sac de pommes de terre qui marchait'. Un autre surnom voit bientôt le jour, c'est the Mad Turk. 'Certainement en raison de mon comportement lorsque j'avais bu ou en studio et aussi peut-être à cause de mon teint sombre et mes yeux noirs' avoue t-il.


John et son père en 1968
John et son père en 1968

Plus discret que ses trois autres compères, John participera activement à la transition du Quo du début des années 70 en modifiant son jeu devenant beaucoup plus fou, plus empreint de ce grain d'improvisation qui feront de lui un batteur unique. Musicien sans génie mais d'une indiscutable sécurité , il formera avec Alan Lancaster une des rythmiques les plus lourdes du rock. 'Je suis connu pour être un batteur carré, pas technique mais un batteur technique n'aurait pas été approprié pour notre groupe'. Le début des années 70 est marqué sous le signe d'une franche amitié, de beuveries occasionnelles et de grosses rigolades au sein de Status Quo. Pourtant, Francis Rossi dit de lui : 'John possédait un caractère maussade, sombre, il ne se sentait pas obligé de rire des blagues des autres sauf lorsque, bien sûr, il les trouvait drôle, chose qui était très rare'. Ce fan de John Bonham joue sur une batterie de marque Premier. Pour les enregistrements studio, il utilise une batterie différente de celle avec laquelle il se produit sur scène. 'Le jeu sur scène exige plus de martelage c'est pour ça que j'utilise une autre batterie. Quand tu accordes ta batterie pour la scène c'est toujours différent que pour le studio car le travail n'est pas le même. Sur scène, mon jeu doit être lourd et la petite estrade, sur laquelle je suis, aide beaucoup car je suis surélevé par rapport au sol et que ça augmente le volume quelque peu.' confie t-il. En 1971, Status Quo joue trois fois à The Wake Arms à Epping, un petit club qui ne peut contenir guère plus de cent personnes. Là, John y fait la connaissance de sa future épouse, Carol Rodd. Il se marie, l'année suivante avec cette blonde et jeune secrétaire. Tout le groupe et tous les roadies participent à la cérémonie, dont John a oublié la date exacte. De cette union, naît, en 1974, une petite Charlotte. Carol semble avoir un caractère possessif et jaloux ce qui n'est pas compatible avec le fait d'être la femme d'une star de rock'n'roll, toujours en tournée. Le couple se quitte l'année de la naissance de leur seul et unique enfant. 'J'étais dans un des groupes les plus bosseurs et je n'étais jamais chez moi. C'est ce qui a détruit notre mariage'.


John en 1974
John en 1974

Au même moment, il fait la connaissance à l'Odéon d'Hammersmith, de Gillie West. John est attiré par la beauté de cette femme et la contacte bientôt pour lui donner rendez-vous, au Marquee. On ne peut pas dire que Gillie garde un super souvenir de cette rencontre. 'Il avait son humeur de Mad Turk , ne m'a même pas payé un verre, était très contrariant et est rentré chez lui. Quel branleur ! ai-je pensé, croyant que c'était la fin'. Souligne t-elle. Dans le même temps, il fait l'acquisition d'une superbe Ford Zephyr rouge. L'année 1974 lui apporte une certaine consécration puisqu'il est véritablement encensé par les fans qui jugent, pour la plupart, sa prestation sur l'album Quo, monumentale. Le 16 juin, Status Quo joue au Palade Lido de Douglas, capitale de l'île de Man. John est émerveillé par cette petite île et compte y établir, rapidement, son domicile. Dans le même temps, sa passion pour les Range Rovers et les sports mécaniques l'amène à devenir un membre très actif du 2000-Strong All Wheel Drive Club, qui effectue près de dix courses par an. Néanmoins, petit à petit, la désillusion semble atteindre John.  Sa vie personnelle n'est pas reluisante alors qu'au sein du groupe, ça ne va pas mieux pour lui. Francis, Rick et Alan participent activement à l'écriture des morceaux de Status Quo alors que John est incapable de composer. Lorsque le groupe ne tourne pas, alors que les autres composent, enregistrent des démos, en un mot élaborent, lui, s'ennuie. De plus, il déteste le travail en studio, il trouve que la discipline qu'impose le travail en studio ne se marie pas du tout à son tempérament rebelle. Il déclare qu'il n'aime pas jouer plusieurs fois de suite la même chose. C'est même Rossi, lui-même, qui, souvent, assemble la batterie, John se refusant à exécuter cette tâche car, bien évidemment, en studio, les roadies sont absents. Pourtant, il adore avoir les disques de Quo, en avant-première, afin de les faire écouter à ses amis mais surtout à ses parents. En 1975, il fait l'acquisition d'une grande et belle maison sur l'île de Man qu'il fait néanmoins rénover. Il la surnomme Walton House. Située à seulement deux kilomètres à peine de l'aéroport, l'aspect pratique n'est pas à négliger lorsque John doit se rendre en Angleterre, principalement à bord d'un jet privé affrété par le management du Quo. John devient rapidement une figure locale.


La vie du couple, sur l'île de Man est constituée de nombreuses réceptions et fêtes qui durent jusque tard dans la nuit. C'est bien souvent le gardien de la maison qui réveille John et son épouse, avec une tasse de thé, en début d'après-midi. Les succès discographiques et scéniques lui apportent la fortune. Il dépense, notamment, pour améliorer sa demeure, beaucoup d'argent, environ 100.000£ de l'époque (dont la bagatelle de 4,000 £ pour la seule baignoire). Il se fait faire une salle de jeu avec tout ce qu'on peut y trouver (flippers, bandits manchots, juke-box etc ...). Cette petite folie lui coûte la somme de 20.000 £. Il passe ses vacances aux Bahamas, en Mauritanie, aux Seychelles. On le voit également sur la côte d'azur. En 1976, il fonde "Diesel Band" pour jouer dans de petits clubs anglais dans une ambiance qu'il a toujours aimée et que Status Quo ne peut plus lui offrir (le groupe joue dorénavant dans les plus grandes salles). La première prestation de la formation qui est composée, outre de Coghlan, de Bob Young, Andy Bown, Gordon Edwards, John Fielder, Micky Moody et Jackie Lynton, donne son premier concert au Marquee de Londres, la même année.


En tournée, il devient très difficile à gérer. Il l'admet d'ailleurs lui-même. Il arrive même que Bob Young le fasse sortir, de force, de cérémonies ou de réceptions dans lesquelles le groupe est invité pour l'obliger à regagner au plus vite la chambre de son hôtel. 'C'est vrai que lorsque j'avais trop bu, j'étais répugnant. J'ai passé beaucoup de matinées à présenter mes excuses pour ce que j'avais pu faire la veille au soir ou dans la nuit. Je frappais à leur porte d'hôtel et tout le monde disait qu'il n'y avait pas d'inquiétude, que c'était oublié'. Bob Young lui remémore, souvent, le lendemain, son attitude inadmissible de la veille. Il ne supporte plus la pression que lui impose son statut de star. L'alcool (surtout la bière) et l'argent l'affecte mentalement. En 1978, il affectionne particulièrement le titre 'Accident prone' même s'il considère que son jeu n'est pas parfait sur cette chanson. Son entente avec Rossi se dégrade et le management du groupe ne lui accorde aucune attention et cherche à s'en débarrasser. John donne alors l'image d'un homme peu discipliné, difficile à gérer et imprévisible. Il ne donne aucune interview et semble toujours en retrait des trois autres. 'Bien sûr, nous avons nos engueulades et peut-être que je m'emporte plus souvent que les autres mais ça ne traîne pas en longueur. Ca se remet rapidement et nous rigolons bien de ça, après coup. John semble, en général, beaucoup plus proche des roadies que des autres membres du groupe. Il déteste les représentants de la maison de disques avec lesquels il n'a que très peu de relations. Les 28 et 29 septembre 1979, Diesel Band se produit à nouveau au Marquee de Londres, à guichets fermés, avec son nouveau guitariste, Graham Prescott en remplacement de John Fiedler. En 1980, Status Quo traversant une certaine crise, il tourne beaucoup avec 'Diesel Band'. Il s'y sent bien, loin des tensions qui règnent au sein du Quo. Pourtant, il invite Francis Rossi à jouer avec le groupe mais ce dernier refuse.


avec Gillie (festival Reading - 1978)
avec Gillie (festival Reading - 1978)

"Never too late" est son dernier album au sein de Status Quo. La tournée qui suit lui semble un véritable fardeau malgré de superbes prestations. Personne ne le sait encore mais on ne verra plus John Coghlan sur scène, derrière la batterie de Status Quo (sauf parenthèse 'Frantic Four' en 2013 et 2014 ). Il a pris beaucoup de poids et physiquement, il peine à assurer, soir après soir. En 1981, John semble dépressif. Pendant la tournée 'Never too late', il lui arrive fréquemment de s'enfermer dans sa chambre d'hôtel et il est courant de l'entendre sangloter. Rick Parfitt est, alors, conscient que la drogue qui règne au sein du groupe met Coghlan à l'écart. 'Lorsque tu fumes un joint, tu es ailleurs. Tu ris de chose dont tu ne rirais pas si tu étais dans un état normal. Si tu ne fumes pas, tu ne participes pas, tu n'as pas le sentiment d'appartenir au même groupe. C'est comme dans une cour d'école lorsqu'un groupe d'enfants refuse à un autre de participer à leur jeu' avoue le guitariste rythmique. Sentant que le groupe dérive vers une musique plus commerciale, John explose lors du début de l'enregistrement de "1+9+8+2" dans les studios de Montreux. Après une discussion orageuse, il abandonne ses compagnons laissant le Quo sans batteur. Il appelle alors sa femme, Gillie, restée sur l'île de Man, pour lui signifier qu'il vient de quitter le groupe. Sa compagne ne peut alors retenir ses larmes. Il explique, pourtant, son départ par le fait qu'il jouait depuis plus de 10 ans la même musique avec Status Quo et qu'il voulait changer depuis un bon moment et gentleman, à aucun moment, il met en avant le climat exécrable qui règne au sein de la formation, il n'en parlera que bien plus tard. 'C'est quelque chose qui n'aurait jamais dû arriver mais j'étais si soulagé de partir. Il y avait beaucoup trop de pressions et tout le temps. Je sais, ça faisait parti du boulot mais lorsque nous ne tournions pas, nous répétions pour un album. Lorsque nous ne répétions pas pour un album, nous répétions pour la future tournée. Peut-être que si nous avions pris, de temps en temps, quatre ou cinq mois sans ça, je serais peut-être resté, je ne sais pas. Plus tard, John avouera que la pression au sein de Status Quo l'aurait sûrement tuée. Il ne jouera pas de batterie pendant un an. 'Je me suis brouillé avec le groupe et brouillé avec la batterie en même temps. Je me suis assis, une fois, derrière une batterie et je me suis aperçu que ça ne me donnait plus aucun plaisir. Alors, j'ai décidé de laisser mon corps au repos'.


Il consacre l'année 1982 aux vacances avec sa femme, sans se soucier du futur. Il lui est proposé des travaux de studios ou encore d'intégrer le poste de batteur dans certains groupes contre de bons salaires mais John refuse. Il se marie finalement avec Gillie, de huit ans sa cadette, le 7 mai 1982 à Londres. Bien que les membres de Status Quo et le management furent invités, personne ne sera présent. Seul Colin Johnson sera là. A l'inverse de Carol, la première femme de John, Gillie aime le monde du rock'n'roll. C'est ainsi qu'il pense jouer à plein temps avec "Diesel Band". Cependant, en 1983, Coghlan, libéré de ses engagements avec Status Quo, songe à créer un nouveau groupe plus sérieux car il considère Diesel Band, plus comme un groupe de copains qu'autre chose. Il réunit alors le guitariste Ray Majors, le bassiste Ian Ellis et le claviériste Jeff Banister. Baptisé Stranger, la formation se sépare pourtant avant d'avoir réellement commencé les répétitions. Relativement touché par cet échec, il s'associe, à la fin de l'année avec des musiciens de renoms tels que Phil Lynott à la basse et au chant, Chas Hodges aux claviers et Roy Wood à la guitare. Les quatre musiciens trouvent un nom simple à la formation, 'Rockers'. Un contrat discographique est signé rapidement avec CBS. Ils entrent précipitamment en studio pour enregistrer leur premier single fait de reprises de rock'n'roll. Ce simple intitulé 'We are the boys' sort à la fin du mois de novembre mais fait un flop total. Malgré des qualités évidentes de jeu scénique, le groupe se sépare bientôt. Peu avare d'efforts pour ne pas tomber dans l'oubli, John contacte son ancien partenaire au sein de Stranger, le guitariste Ray Majors. Les deux musiciens s'entourent de Mark de Vanchque aux claviers, de Mac McCaffrey à la basse et du chanteur Noel McCalla. Ensemble, ils forment Partners in Crime, appellation tirée d'une nouvelle d'Agatha Christie. Ils enregistrent quelques démos au début de l'année 1984 et signent un prometteur contrat discographique avec Epic. C'est au studio Castle Sound en Ecosse et sous la direction de John Eden, que Coghlan connaît bien pour avoir travaillé avec lui au sein de Status Quo, que les premières mesures du futur album sont jouées. De ces séances, sort au mois d'octobre, le premier single appelé 'Hold on', une reprise de Yes. La première apparition sur scène a lieu, elle, le 13 novembre 1984 au Marquee Club de Londres. Malheureusement, le premier simple n'entre pas dans les Charts. Il en est de même pour les deux suivants sortis en janvier et avril 1985. Pourtant, au mois de mai, le premier album voit le jour mais devant le peu de promotion faite par la maison de disques, il reste au niveau du succès d'estime. Devant ces échecs, les musiciens prennent la décision commune de se séparer.


Mariage avec Gillie (07/05/1982)
Mariage avec Gillie (07/05/1982)

Au Marquee de Londres, Coghlan rejoue, en juillet 1985, avec Rick Parfitt et Alan Lancaster, le temps d'un concert avec Diesel Band qu'il vient de reformer. Mais Coghlan a dorénavant peu de ressources et est aux prises à de graves problèmes financiers. Néanmoins, il file le parfait amour avec Gillie. 'Nous sommes vraiment heureux ensemble. En particulier, notre vie sexuelle est formidable. Il faut dire qu'il a eu beaucoup de pratique' plaisante t-elle. Au mois de mars 1985, étant dans une impasse financière, il poursuit le reste du groupe pour non paiement d'une somme de 50.000 £, somme qu'il estime lui revenir depuis qu'il a quitté Status Quo. Devant le refus de ses ex-partenaires et du management du groupe, il se voit obligé de vendre plusieurs effets personnels pour répondre aux besoins les plus courants. Il admet, lorsqu'il faisait partie de Status Quo avoir dépensé environ 2 à 3 millions de Livres, notamment en véhicules. Il en aura jusqu'à huit simultanément. Il lui arrivera également de louer un avion privé pour rallier Londres depuis l'île de Man uniquement pour dîner dans la capitale anglaise et revenir ensuite. John admet qu'il aurait bien aimé faire le Live Aid avec ses anciens complices. 'Le live Aid fut une épreuve pour moi car Alan a déclaré qu'il aurait été bien de me rappeler pour jouer et je l'aurais fait avec plaisir. C'est vrai que les quatre auraient dû être de retour ensemble mais ils n'ont pas pris la peine de me joindre'. regrette t-il. En 1986, ses déboires financiers s'accentuent, le compte en banque présente un découvert d'environ 75.000£. John se voit obliger d'enlever Charlotte de son école privée, ne pouvant faire face aux mensualités tandis que Gillie se remet à travailler de manière plus complète. 'Jouer avec Diesel Band devant 50 personnes, c'est mieux que de ne rien faire du tout mais je vais essayer de créer un autre groupe qui, je l'espère, me ramènera vers les sommets' déclare alors John.


A cette époque, il déclare qu'il apprécie réellement le single 'In the army now'. Les Coghlan quittent leur maison de l'île de Man, devenue trop chère à entretenir et retournent en Angleterre. Malheureusement, pour eux, suite à une réforme fiscale pénalisant les résidents de l'île, la maison perd énormément de sa valeur. Jusqu'en 1988, John joue avec Diesel Band qui subit beaucoup de changement de personnel au cours de ces années. Cette même année, il s'associe avec Lloyd Ryan, un professeur anglais de batterie réputé. Ensemble, les deux hommes parcourent un véritable tour d'Angleterre des écoles de batterie pour y faire profiter les batteurs en herbe de leur technique et leur expérience. Au mois d'août, Diesel Band a comme projet de sortir enfin un single qui, pour des raisons inconnues, ne verra pas le jour. Finalement, Coghlan décide de tourner la page Diesel Band. Il incorpore brièvement The Party Boys, le groupe d'Alan en 1989 qu'il quitte au mois d'octobre. De retour en Angleterre, il s'accorde du repos et se consacre à ses hobbies que sont les véhicules militaires et tout terrain. John a senti une réelle attirance pour les véhicules militaires lorsque son père lui montra une photographie de lui et de camarades, en France, pendant la seconde guerre mondiale. John sera, alors qu'il est tout petit, attiré par les camions présents sur la pellicule. Une énième fois, en 1991, l'ex batteur de Status Quo reforme Diesel Band avec Bob Young, Phil May (ex-Pretty Things) et quelques autres. Ils se décident à tourner en Suède sous l'égide du producteur Jörgen Wiking. Le tour a lieu en octobre et novembre. 'Diesel Band n'a tourné que dans de petits clubs. 'Ce genre de tour était parfaitement adapté pour nous. Bob et moi pensions qu'il serait bien de tourner en Suède. Après tout, nous n'y étions pas retournés depuis le 'Never too late' tour avec Quo, en 1981. Nous n'avions que de bons souvenirs des tournées suédoises, le public ayant toujours été fantastique' explique John.


En 1992, après 16 ans d'existence, John pense que le groupe doit maintenant concrétiser sa réputation scénique sur album. En janvier et février, la formation occupe le studio Tuffs à Goteborg. 'Nous avons eu tellement de bonnes vibrations de la tournée suédoise qu'il nous apparaissait que ce serait une bonne idée d'enregistrer ici' affirme Young. Onze titre sont enregistrés mais, à cause de désaccords avec la maison de disques, seul un single verra le jour. C'est 'River of tears' qui ne touche qu'un auditoire restreint. Le titre de l'album était pourtant trouvé : 'Flexible friends'. Il comportait, à l'origine, deux reprises de Status Quo : 'Mean girl ' et 'Living on an island'. Finalement, 'Mean girl' en sera exclu, lors de la mise en boîte finale. Pourtant, de septembre à décembre, le groupe tourne encore en Scandinavie, en Allemagne et en Angleterre mais peu de temps après, Coghlan le dissous, définitivement cette fois. John joue quelques temps avec un groupe dénommé Soul Purpose avant d'être invité à nouveau par Alan Lancaster pour jouer avec les Bombers pendant leur tournée scandinave d'octobre 1994. A son retour en Angleterre, il fonde un nouveau groupe simplement appelé John Coghlan Band, avant de jouer avec un tribute du Quo nommé 'State of Quo' dès 1998. Parralèlemment, il fonde un nouveau groupe avec Noel Redding à la basse et Eric Bell à la guitare. Après une tournée italienne à succès, le groupe appelé Redding, Coghlan, Bell Band, se sépare bientôt. Il enregistre alors quelques reprises de Status Quo avec State of Quo. L'album sort dans plusieurs pays européens, en 2001 et 2002. Peu après, il participe à l'album solo de Martin Allcock, ex-guitariste de Fairport Convention et joue sur quatre titres. Il se déclare ravi de la reformation de l'association Young-Rossi pour 'Heavy Traffic'. 'Après un long moment, ils ont finalement décidé d'écrire à nouveau ensemble. C'est une bonne chose. C'était une bonne formule au début de Status Quo puis chacun est parti dans sa direction et personne n'écrivait plus rien de bien'.


aux obsèques de Rick Parfitt (janvier 2017)
aux obsèques de Rick Parfitt (janvier 2017)

John semble avoir dorénavant une vie sans problèmes et avoue qu'il aurait aimé rejoindre Status Quo après le départ de Jeff Rich en 2000. Il avoue ne pas trop écouter les albums du Quo produits après son départ. 'Je me sens détaché de ça. J'ai juste entendu les singles à la radio mais ils n'ont pas, j'en ai bien peur, la magie des premiers titres comme Caroline ou Down Down. Mais je pense que mon titre préféré est Mystery song' avoue t-il. Il ne se rend que très peu à des concerts. 'Pour être honnête, je n'aime pas être mêlé à la foule. Ma place est sur scène. Pourtant, j'irais n'importe où pour voir les Stones jouer' avoue t-il. En 2001, il enregistre, en une journée, dans un studio milanais un CD regroupant douze titres de Status Quo. Il s'intitule 'John Coghlan from Status Quo' et sortira également, en France, le 4 juillet 2002. Au mois de mai 2004, sort l'album 'Serving suggestion' de Martin Allcock (ex-Fairport Convention) sur lequel John tient la batterie sur quatre titres. Depuis 2010, il tourne à travers l'Europe au sein du groupe John Coghlan's Quo fondé avec les fidèles Baz Barry et Mick Hugues avec lesquels il essaie, avec un succès mitigé, de recréer le son du Status Quo des années 70. Il participe avec beaucoup de plaisir à la reformation du 'Frantic Four' en 2013 et 2014. Lorsqu'il était avec Status Quo, John a toujours déclaré que les trois choses au monde qu'il détestait le plus étaient : Répéter, Enregistrer et donner des concerts ! Paradoxe ...'. C'est peut-être Colin Johnson qui parle le mieux de John. 'Comme batteur, John était très bon pour Status Quo. Il était très solide et était le premier à admettre qu'il n'était pas très technique. Il a fait un excellent boulot avec Alan Lancaster au niveau de la combinaison basse/batterie.'


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