1967


Coghlan arborant fièrement sa nouvelle batterie en 1967
Coghlan arborant fièrement sa nouvelle batterie en 1967

A la fin du mois de janvier, les quatre musiciens songent à changer de nom et évoquent 'Traffic' mais pour le moment, il faut promouvoir le futur single, sous le nom The Spectres'. Malgré les deux échecs précédents, le troisième 45 tours voit le jour le 10 février. Cependant, Schroeder informe les Spectres qu'il veut voir le groupe enregistrer une reprise et non une composition originale. Pourtant, le groupe voudrait prouver à son producteur qu'il est capable, lui-même, de composer un titre qui peut faire un succès mais Schroeder reste inflexible. C'est lui qui paie et impose sa façon de voir. Il est finalement choisi une chanson du groupe américain The Blues Magoos, laquelle a fait un hit aux U.S.A. Il figurera dans le Bilboard de décembre 1966 à mars 1967, avec une belle 6ième place, le 18 février. Sorti en Angleterre au mois de janvier 1967, il sera un flop mais, un mois plus tard, Schroeder pense, qu'avec les arrangements dynamiques des Spectres, il peut, lui, en faire un hit. Il est, en effet, assez rare qu'un titre haut placé aux U.S.A n'ait aucun succès en Angleterre. Cette situation se doit d'être exploitée. 'Le redouté troisième single fut toujours un cauchemar car je savais très bien que la politique de Pye était de virer un artiste qui n'enregistrait pas de ventes significatives après trois échecs. Bien que tout le monde était conscient de la gravité de la situation, je n'ai permis à personne de refroidir ma croyance et mon enthousiasme en ce troisième titre. Nous l'avons enregistré et ça sonnait bien. Nous pensions tenir là, notre hit. Ce fut un coup affreux. Notre désappointement pouvait se lire sur nos visages. Quelle malédiction était sur moi et que faire pour avoir un hit avec ce groupe ? Je ne pouvais me permettre de les perdre, ils étaient si talentueux'. déplore Schroeder. Le nommé "We ain't got nothing yet" connaît, hélas, le même sort que ses prédécesseurs et n'entre pas dans les Charts anglais. La version des Spectres ne séduit pas plus le public anglais que la version des Blues Magoos. Il faut dire que ce n'en est qu'une pale copie sans aucun efforts d'arrangement alors comment Schroeder pouvait-il croire, une seconde, en son succès ? La face B, elle, est la première composition signée par les quatre musiciens du groupe et se nomme 'I want it'. Pourtant, ce dernier single permet aux Spectres de faire quelques apparitions dans la presse spécialisée anglaise qui lui accorde quelques crédits. Mais, en ce début d'année, il n'est nullement question d'effectuer des concerts en tête d'affiche. Alors, le groupe doit se contenter de servir de première partie à un groupe aussi peu réputé que 'Wayne Fontana and the Mindbenders', une obscure formation de Liverpool. Est-ce pour paraître plus matures que Rossi et Coghlan décident de se laisser pousser la moustache, en même temps ?  Le contrat discographique n'a guère plus de six mois d'ancienneté que le groupe semble déjà se trouver dans une impasse, ni les reprises ni les titres composés par eux-mêmes n'ont attiré les jeunes Anglais. Il faut déjà réagir. Alors pour conjurer le mauvais sort, la formation opte, donc, pour le patronyme de "Traffic" en mars. Schroeder incite Pye à continuer à lui faire confiance car il est tenu pour responsable des sommes d'argent investies sans retombées. Malgré les échecs à répétitions, Schroeder a une confiance aveugle en la bande à Rossi. Il est persuadé que le succès est au bout de la rue et confie, un jour, à Barlow, qu'il ne manque vraiment pas grand-chose pour que le groupe ne perce. 'Je ne comprenais pas pourquoi ça ne fonctionnait pas. De plus, je pouvais maintenant constater que le contrat était en péril. Barlow et son groupe étaient dans un autre monde, entendant leur destin alors que je m'attendais un appel terrible de ma direction pour mettre un terme au contrat' se souvient Schroeder. L'appel tant attendu arriva et ne fut pas celui que redoutait tant le producteur. Pye, consterné par les divers échecs musicaux, accepte, néanmoins, non seulement, de continuer de soutenir le groupe mais également à lui laisser plus d'initiatives dans les choix musicaux. Schroeder ne cesse d'encourager ses poulains lesquels lui promettent de travailler dur et de lui ramener du nouveau matériel. Ce sera le single de la dernière chance ! De son côté, Rick Parfitt est chassé des Highlights "à coup de talons aiguilles". 'Notre entente s'était dégradée et rien n'allait plus. Une nuit, juste avant un show, nos humeurs étaient vraiment exécrables, nous étions dans la loge et j'ai dit quelque chose qui, visiblement ne leur a pas plu. Nous nous sommes mis à nous insulter et j'ai fini par leur annoncer que j'en avais assez, que j'arrêtais et que je partais. Elles se sont retournées vers moi pour me dire que je ne pouvais pas partir avant le show. Je leur ai affirmé que oui. C'est là que les attaques corporelles ont commencé. Elles m'ont frappé à la tête avec leurs talons aiguilles. J'étais pris dans une véritable bagarre. Il y avait une centaine de personnes dans la salle, qui attendait que le show démarre alors que çà chauffait dans les loges. J'étais par terre, blotti sous une table, saignant et désemparé, avec le cuir chevelu ouvert suite aux coups de talons. Lorsque j'ai enfin réussi à m'extraire de cette position, je suis sorti de la pièce en disant que je partais définitivement. Mes parents sont venus me chercher, j'ai pris mes affaires et les ai mises à l'arrière de la voiture. C'était la fin des Highlights'. C'est ainsi que Rick se plaît à raconter son départ du trio. Il survit, alors, grâce à de petits boulots. Pour l'instant, il ne pense pas à rejoindre ses amis rencontrés au Butlin's deux années auparavant, et avec qui il a pourtant gardé une correspondance assidue. Oubliée la promesse faite deux ans auparavant ? Il ne sait pas encore que le destin ne va pas tarder à frapper à sa porte. Mais, pour le moment, les ex-Spectres s'habituent à leur nouveau nom qui peut leur apporter un nouveau souffle. Mais, quelques semaines auparavant, Stevie Winwood crée un nouveau groupe également appelé 'Traffic'. Winwood est mécontent et le fait savoir mais Barlow, de son côté affirme que son groupe s'est baptisé ainsi le premier et qu'en aucun cas, il ne changera. De plus, il affirme que le Traffic de Winwood n'a encore rien enregistré alors que Rossi, Lancaster, Lynes et Coghlan travaillent à l'enregistrement d'un futur morceau. Un début de polémique s'installe dans la presse, surtout au mois de mai, mais le groupe de Winwood obtient bientôt un hit, Paper Sun (n°5) ce qui amène Francis, Alan, Roy et John à se rebaptiser, finalement, 'Traffic Jam'. Initialement prévue en fin d'année, la sortie de 'Paper Sun' sera avancé au mois de juin pour 'officialiser' le groupe de Winwood, Barlow étant obligé de s'incliner. Winwood juge le nouveau nom encore trop voisin de 'Traffic' mais Barlow refuse de changer à nouveau et espère secrètement que tout le battement médiatique fait autour de cette affaire servira de publicité pour le prochain single dont tout le monde (groupe, management, maison de disques) est unanime pour dire que c'est le meilleur titre que les jeunes musiciens aient jamais enregistré.


L'unique témoignage discographique de cette transition "Almost but not quite there", la première composition de Rossi, sorti le 16 juin, est censuré par la B.B.C qui juge les paroles trop suggestives. Pat Barlow qui a écrit une partie des paroles signa alors, involontairement, la mise à mort de ce titre. Il est, en effet, question de l'accomplissement sexuel d'une femme ce qui choque l'institution anglaise très puritaine, à cette époque. Cette décision semble à première vue, condamner ce titre mais pas pour Barlow qui considère cette sentence comme une publicité supplémentaire. Il se trompe, 'Almost but not quite there' ne se placera jamais dans les Charts. Barlow, Schroeder, Rossi, Lancaster, Coghlan et Lynes sont à nouveau déçus d'autant plus que les ventes initiales semblaient prometteuses. Pourtant, Barlow avait tenu à être co-auteur afin de récupérer quelques droits. Lynes avait composé et interprété seul comme un grand la face B, 'Wait a minute'. Quatrième single ... Quatrième bide, le tout en à peine un an, on peut difficilement faire pire ! 'J'étais au bout du rouleau. De plus, il n'y avait, sûrement, plus aucune chance d'avoir l'opportunité de sortir un nouveau single. J'évitais de rencontrer les grandes pontes de Pye afin de pouvoir analyser la situation' avoue Schroeder. Néanmoins, le peu d'unités vendues en fait, maintenant, le bonheur des collectionneurs. Chacun de ces disques s'échangent contre une somme de près de 500 euros ! Le groupe envahit pourtant les studios de la B.B.C pour y enregistrer trois titres, 'I don't want you', 'It takes two' et le très controversé 'Almost but not quite there'. L'enregistrement a lieu dans le studio Playhouse Théâtre de Londres sous l'égide du producteur Bill Bebb. Cette prestation est diffusée le 24 juin dans l'émission 'Saturday Club'. C'est cette période que choisit Francis pour épouser Jean. 'Mes parents ne voulaient pas de ce mariage. Ils pensaient que j'étais trop jeune. Le jour de mes noces, je portais une veste verte avec des rayures jaunes, un pantalon blanc et une chemise rose, sympa ! " se souvient Francis. " Au moment où mes parents sont partis, j'ai mis quelques minutes à réaliser que je ne devais pas repartir avec eux. J'étais marié maintenant et je devais rester avec ma femme. Ce n'était pas ce que je voulais. J'étais marié depuis une heure ou deux et je réalisais que j'avais fait une erreur.' renchérit-il. Son premier fils, Simon, voit le jour, le 20 août. Côté musical, le groupe n'est pas à la hauteur des espérances de sa maison de disques. Alors, afin de donner vraiment un second souffle au groupe, Barlow, avec l'acquiescement de Schroeder, se demande s'il ne serait pas judicieux de renforcer les vocaux, certainement leur principale faiblesse. Rossi se sent bafoué, c'est lui le chanteur du groupe et on lui reproche son manque de voix mais les producteurs du groupe sont unanimes. Alors, pour prouver sa valeur, Francis n'a qu'une idée en tête, c'est composer le hit qui lancera le groupe, le titre sur lequel ils pourront s'appuyer. Au mois de septembre, en un après-midi, il compose, seul, chez lui, le titre qui semble convenir. 'En l'absence de ma femme et de ma belle-mère, j'ai commencé à composer cette chanson puis quand elles sont rentrées, je me suis enfermé dans les toilettes pour la terminer complètement. 'A cette époque, je composais beaucoup, assis sur les toilettes car c'était le seul lieu de la maison où je pouvais m'isoler des cris du bébé, des femmes ou des chiens. C'était pourtant sinistre, ces minuscules toilettes froides avec un minuscule siège dur. C'était si étroit que je devais tenir ma guitare verticalement. Mais, je restais là, pendant des heures essayant de penser à autre chose que ce qui se passait à l'extérieur'. Barlow est convaincu de la nécessité d'engager un second vocaliste, rôle que Lancaster ne semble pas en mesure d'occuper. Le bassiste est conscient de ce fait. 'J'avais une voix de rocker, une voix basse. Francis avait une voix pop et Roy une voix de crooner. Je me souvenais de Rick et bien qu'il semblait être un artiste de cabaret, je savais qu'il voulait rejoindre un groupe de rock et surtout qu'il pouvait chanter. Il était le gars idéal'. Rossi se montre surpris de l'aval si facile de son bassiste. 'Pat avait du en parler avec lui avant de nous l'annoncer parce qu'il a pris ça avec beaucoup de calme, ce qui ne ressemblait pas du tout à Alan'. Barlow se décide, alors, de contacter Richard Parfitt dès les premiers jours de juillet pour savoir si ce dernier est musicalement libre et s'il a toujours envie de rejoindre ses potes rencontrés deux ans auparavant au Butlin's. Une seconde communication téléphonique entre lui et Barlow, passée quelques semaines plus tard, lui demande s'il est disponible pour une audition et une éventuelle signature de contrat. L'audition se révèle plus une formalité qu'un vrai test et Rick se voit offrir le poste de second guitariste et chanteur du groupe. 'Je voulais désespérément rejoindre les Spectres mais aucune porte ne s'ouvrait. J'avais écouté leurs démos de 'Hurdy gurdy man' et 'I who have nothing'. Bon, c'était juste un morceau de vinyl avec leur nom dessus mais ça m'impressionnait. J'avais besoin de m'épanouir. J'étais en projet avec un autre gars pour monter un duo qui, finalement, n'a pas vu le jour. Je venais d'arrêter mon emploi de boulanger lorsque j'ai reçu un appel du manager du groupe, Pat Barlow, alors que j'étais très cafardeux. Il me confia que lui et la compagnie de disques voulaient changer les choses en ce qui concernait le groupe et il me posa la question à un million de dollars : Veux-tu rejoindre le groupe ? me demanda t-il. Bien sûr que je le veux' lui répondis-je. 'C'était quelque chose auquel je ne m'attendais pas. Bien sûr, secrètement, je l'espérais mais je pensais que ça n'arriverait jamais. Pour être honnête, je ne pensais pas qu'ils avaient besoin de quelqu'un d'autres, qu'ils étaient très bons comme ils l'étaient. S'il m'avait offert un travail consistant à leur préparer leur thé, je l'aurais accepté. J'étais si excité que je n'ai pas fermé l'œil de la nuit'. Le lendemain, j'étais en répétition dans le sous-sol de Barlow à Lambeth walk. Ce fut réellement le commencement de ma vie.' se souvient Rick. Et oui, il faut bien et beaucoup répéter pour intégrer rapidement le nouvel arrivant et surtout le familiariser avec les morceaux. 'C'était mon principal souci que de mémoriser tous les titres qu'ils jouaient. Lors des premiers concerts, j'étais vraiment très nerveux car j'avais peur de ne pas me souvenir de comment tout jouer. C'était un véritable challenge pour moi et, lors des premières répétitions je me demandais ce que les autres pensaient de moi'. Suite à l'incorporation de Parfitt, Barlow suggère de changer de nom encore une fois. Après avoir pensé s'appeler " The Mohammed Ali's " ou encore " The Queers ", le manager leur propose " Quo Vadis ", nom qu'il avait vu à l'intérieur d'une chaussure ! Cette suggestion impromptue amène le groupe à se rebaptiser définitivement " The Status Quo ". 'Le fait de penser s'appeler 'The Mohamed Ali's' était une proposition très sérieuse de la part du manager. C'était pour attirer l'attention. Il était sur le point d'écrire à Ali pour avoir son approbation lorsque le nom 'Status Quo' fut trouvé. C'était du latin, on se savait pas trop ce que ça voulait dire mais ça sonnait bien donc on a opté pour ça'. précise Rick Parfitt. Les principaux soucis de Rick résident dans le fait qu'il n'est pas habitué à jouer si dur et si longtemps. Ses mains sont souvent douloureuses. De plus, il se doit d'apprendre le répertoire de son nouveau groupe. 'Avec les Highlights, je jouais les quatre ou cinq mêmes morceaux depuis trois ans. C'était un véritable changement pour moi' avoue t-il. En août, l'agence Arthur Howes, qui s'occupe des intérêts de la formation contacte les stations de radios et le monde musical pour officialiser le changement de nom.


La première photo de Rick Parfitt avec Status Quo
La première photo de Rick Parfitt avec Status Quo

Toutes ces péripéties n'altèrent en rien la motivation du groupe, notamment celle de Rossi qui travaille à la composition de "Pictures of matchstick men" devant être la face B du futur single "Gentleman Joe sidewalk café". Ronnie Scott tient à ce que ce titre sorte en single. Ce n'est pas un titre composé par le groupe ce qui irrite passablement Alan Lancaster. 'Nous pensions que les gens qui s'intéressaient à nous, c'était juste pour nous donner leurs titres à enregistrer'. Pourtant, au dernier moment, et sur l'insistance de Barlow, il est décidé de mettre "Pictures of matchstick men" en face A, ce qui, finalement, s'avèrera judicieux. 'Avec eux, je parlais avec le cœur. Leur destin était entre leur main. Il fallait, absolument, qu'ils trouvent l'inspiration rapidement pour m'amener quelque chose qui était conforme à ce que je pensais pour sauver le contrat. La situation s'empirait car les autres artistes dont j'avais la charge s'agitaient en me reprochant de consacrer tout mon temps avec le même groupe ... ce que je faisais. Un jour, Barlow m'appela, tout excité, m'avouant que Rossi avait trouvé un riff génial de guitare, que le groupe travaillait dur sur ce titre et qu'il voulait mon avis là-dessus' affirme Schroeder. Après avoir assisté aux répétitions du groupe, il donna finalement son aval. En novembre, le tout nouveau " The Status Quo " est en studio pour travailler sur son nouveau single. Afin d'être en phase avec son temps qui est à l'expérimentation des arrangements musicaux, le groupe se décide à essayer tous les effets sonores disponibles dans le studio donnant, ainsi, à la guitare de Rossi, ce son si particulier. John Schroeder revient sur ces moments : 'Les sessions se sont déroulées à merveille. Alan Florence (l'ingénieur du son) a fait un boulot superbe et je dois lui donner le crédit du fantastique mixage du riff d'ouverture. J'étais certain d'avoir un hit. J'étais fier de présenter ça à Benjie (directeur de Pye). Il était déconcerté, souriait à contrecœur en ironisant qu'ils allaient, peut-être, récupérer une partie des sommes investies sur ce groupe'. Nouvellement transformé en quintette, The Status Quo et son entourage sont plein d'espoir. 'Quand nous avons élaboré ce titre, il y avait une belle harmonie mais nous avons essayé d'en faire plus encore comme par exemple mettre plus de wah-wah dans l'orgue. Nous avons fait un bon travail de production, très bon même si l'on considère que ce titre a été enregistré en quatre prises seulement. Tout le monde le voulait en face A. Voici comment ça s'est réalisé' révèle Lancaster. Le bassiste affirme également que le titre était déjà enregistré, lors de l'incorporation de Parfitt et que seuls ses vocaux seront rajoutés au mixage. Le titre vaut aussi par son introduction originale à la guitare. 'Au départ, je l'ai joué sur une corde mais comme ça ne sonnait pas très bien, je suis passé à deux' souligne Rossi. C'est là, l'ultime chance pour Schroeder et son groupe car les dirigeants de Pye ne semblent pas disposés à accepter un nouvel échec. Schroeder prévient Barlow qu'en cas de flop, il sera très difficile pour lui de faire accepter par les dirigeants de Pye, la sortie d'un autre single. Mais Barlow, lui, est très enthousiaste à la première écoute du titre mais réfléchit à ce qui pourrait réellement accroître les possibilités de réussite. Il croit ferme en ses chances de succès et est derrière ses poulains comme peut-être il ne l'a jamais été. 'Pat Barlow a toujours eu confiance en nous depuis le début lorsqu'il nous a demandé de quitter l'école parce qu'il pensait que nous allions devenir énormes' confie Lancaster. La présence de Rick Parfitt est sujette à caution mais il figure bien sur l'enregistrement et la pochette du disque. Pourtant contacté au début de l'été, le blond guitariste ne rejoint officiellement le groupe qu'au tout début des sessions d'enregistrement. Barlow espère, secrètement, que, outre l'indéniable apport vocal, Parfitt, avec son visage d'ange, peut aider à conquérir le public féminin.


décembre 1967
décembre 1967

"Lorsque j'étais avec les Highlights, nous avons fait, en 1965, une saison d'été au camp de vacances, le Butlin's. Nous donnions nos représentations à côté de la salle où se produisaient les Spectres. Alors, j'ai pris l'habitude d'aller les voir chaque fois ou je ne jouais pas et notre amitié a grandi au fil des semaines. Nous avons gardé des contacts pendant les deux années suivantes. Puis j'ai quitté les Highlights et après avoir été, pendant six semaines, boulanger, deux semaines, pompiste et trois semaines, livreur de lait, j'ai intégré le groupe juste avant qu'il ne prenne le nom de Status Quo" explique Parfitt. Il ne touche que 16 £ par semaine mais pour lui, l'important c'est d'avoir incorporé le groupe. La première apparition photographique de Rick le voit poser au milieu, ses quatre nouveaux compagnons de route, l'encerclant comme des remparts entourent un donjon. C'est à ce moment que le groupe donne son premier concert avec le nom The Status Quo. Il faudra, cependant, attendre quelques mois pour voir la formation en tête d'affiche. 'Notre premier engagement sous le nom The Status Quo eut lieu à Welcome Inn, dans un pub de Eltham, situé dans la banlieue sud de Londres. Ce sera, toujours, mon meilleur souvenir. Avoir, déjà, la permission d'être dans les loges fut fantastique. Je marchais et me disais : Je peux y être car, maintenant, je suis dans le groupe. J'étais si fier de me tenir sur scène devant tout ce parterre de filles. Je n'oublierai jamais ça ! J'étais habillé d'un blazzer jaune et vert que m'avait prêté Francis'. En fait, Francis avait prêté son costume qui lui avait servi pour son mariage quelques mois auparavant. 'J'étais très excité. Cependant, je n'ai pas chanté. Ce furent Francis et Alan qui s'acquitèrent de ça'. Il faut signaler, qu'en ce mois de décembre 1967 (le concert date du 13 décembre), Parfitt est loin de faire l'unanimité musicale au sein de la formation. Il joua si mal, lors de ce premier concert, que les quatre autres se posèrent réellement la question de savoir si son engagement était justifié. Rick nous explique cette soirée : 'Je n'ai pas chanté en solo juste interprété quelques chœurs. Nous n'avions eu que quatre ou cinq répétitions et j'étais terriblement nerveux. Mais dès que nous sommes entrés sur scène, je me suis senti décontracté. Je me souviens qu'il y avait beaucoup de jeunes filles parmi le public. C'était un rêve de voir toutes ces filles qui te regardaient'. Ce même mois, Rossi passe son permis de conduire, véritable porte de sortie au cas ou le nouveau single serait un flop. Si c'est à nouveau le cas, il deviendra vendeur ambulant de glaces s'est-il promis.


Les concerts de l'année 1967


1. 18/02. Nelson, Imperial ballroom (Angleterre) Première partie de Wayne Fontana

2. 15/04. Londres, Ealing technical College (Angleterre)

3. 20/06. Londres, Playhouse théâtre (Angleterre) B.B.C sessions

4. 13/12. Eltham , The Welcome Inn (Angleterre) première partie de Episode Six