France 1999 - 2002


Il faut attendre mars 1999 pour  voir 'Under the influence' orner timidement les bacs des disquaires. Il est, pourtant, évoqué le passage de Status Quo au Hard Rock Café de Paris, dans un but promotionnel, un concert devant même y être organisé. Hélas, il n'y aura pas de suite. La sortie de l'album ne déchaîne pourtant pas les passions puisqu'il ne se vend qu'à 4.000 exemplaires seulement. David Walker, le manager du Quo, maintenant décédé, explique la non-présence du groupe en France par le fait que la maison de disques ne joue pas le jeu et qu'il s'agit là de la seule raison de l'isolement français. Status Quo semble 'narguer' les fans français en effectuant un véritable tour de France (malheureusement à l'extérieur des frontières) en tournant en Belgique, au Luxembourg, en Allemagne, en Suisse et en Espagne. Cependant, ces tours permettent aux frontaliers de suivre notre groupe préféré ! 'Famous in the last century' est difficilement trouvable en France ce qui réduit, considérablement, les chiffres de vente.


Deux phénomènes accentuent la perte de popularité d'un groupe à l'agonie dans notre pays. Tout d'abord, Status Quo n'est pas, comme en Angleterre, une institution et n'a jamais atteint le degré de popularité qu'il avait en Allemagne ou dans les pays d'Europe du Nord. Ce n'est qu'un groupe étranger de plus et de surcroit, produisant actuellement, une musique médiocre, quelconque. Secundo, le rock, en France, subit de plein fouet, les phénomènes Boys Band qui intéressent plus les adolescents que ces vieux croûtons. Ainsi, le magazine 'Rock & Folk', n°1 de la presse rock, en France, voit son tirage passer de 150.000 exemplaires dans les années 70 à un peu moins de 40.000 unités vendues mensuellement. Malgré un pessimisme quasi-général, tout le monde espère un retour de Status Quo en France. Ce souhait est, finalement, exaucé lorsque nous apprenons, au début de l'année 2001, la programmation du groupe à la 54ième foire aux vins de Colmar. Programmé pour le 12 août, le concert semble se présenter sous les meilleures conditions car la dernière compilation pour le marché français intitulée 'Gold' se classe n°28 des ventes du 1er au 14 juillet. Néanmoins, c'est une formation quelque peu réservée sur l'accueil que vont pouvoir lui réserver les Français, qui atterrit à l'aéroport de Strasbourg, en ce chaud mois d'août. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça commence mal avec Air France qui perd les bagages de Rick. Une heure de route plus tard, Status Quo débarque à Colmar pour donner son premier concert français depuis près de cinq années. Le groupe enchante les 6.000 personnes présentes et la presse locale flatte la formation. " Complices, Parfitt et Rossi ont démontré qu'on pouvait avoir la cinquantaine bien sonnée et assurer devant 6.000 personnes ". Francis Rossi déclare, alors, qu'il aimerait bien jouer plus souvent en France et que les tournées relevaient uniquement des tourneurs et des managers.  'La dernière fois que nous avons joué en France, c'était à Paris et c'était fantastique, le public était chaleureux. Je ne sais pas pourquoi nous ne venons pas plus souvent en France. Ce sont les tourneurs et les managers qui décident, cela ne relève pas de nous' " Comme dans un bon vieux rok'n'roll, Rossi et Parfitt ont enchaîné, sans temps morts, les meilleurs moments d'une carrière d'une longévité exceptionnelle. Les deux complices ont démontré qu'on pouvait avoir la cinquantaine bien sonnée et assurer devant 6.000 personnes ... Toutes guitares en avant, les tontons ont prouvé qu'ils savaient encore flinguer " peut-on lire dans la presse de l'est de la France.


Pascal et Richard du Quomotive avec Rhino, à Lourdes, en aout 2001
Pascal et Richard du Quomotive avec Rhino, à Lourdes, en aout 2001

Deux jours après Colmar, Status Quo donne un concert gratuit ...à Lourdes. Le miracle du retour s'est bel et bien produit. Deux heures avant le début du concert, un violent orage met en cause la représentation, qui, finalement, est donnée. Rhino s'étonne du nombre de malades qu'il voit dans la rue et déclare que Lourdes est loin d'être la ville type pour donner un concert de rock. 'Nous ne sommes pas le genre de groupe que vous voulez, certainement, voir. Alors si vous voulez nous voir partir rapidement, priez pour qu'il pleuve à nouveau !' affirme Rossi sur scène. Dans le numéro de 'From of the makers of' de décembre 2001, le groupe relate ces deux concerts de la manière suivante : Francis : " Quand nous avons su, Rick et moi, que nous allions jouer en France, nous nous sommes dit que çà allait être assez étrange. Ca faisait longtemps que nous n'avions pas joué en France et nous ne savions pas si les Français voulaient encore de nous. Cependant, les shows furent superbes, il y avait 7.000 personnes à Colmar, on ne s'attendait pas à çà d'autant plus que les souvenirs que nous avions de la France n'étaient pas si bons notamment dans le fait de trouver à manger ". Rick : " Les shows français furent grands et brillants. Le public était très bon et les concerts vraiment fabuleux ". Rhino : " Le show de Lourdes fût très intéressant. La dernière chose qu'ils ont besoin dans cette ville, c'est bien un concert de rock'n'roll". Paul (Hirsh, remplaçant d'Andy) : " Le concert de Colmar fût l'un des meilleurs, si ce n'est le meilleur que Status Quo ai fait depuis que je suis avec eux. C'est super de jouer en France. Nous avons fait deux shows mémorables". Matt : " Les concerts français furent très bons bien que Lourdes fût une expérience assez étrange ".


L'année 2002 s'annonce sous les meilleurs auspices car trois concerts sont programmés, Voujeaucourt, le 1er février, Châteauroux le 2 et Nantes, le 3. Malheureusement, en Allemagne, Rick se coince un nerf dans un bras, ce fait l'empêchant de jouer de la guitare et ces trois représentations sont reportées à des dates ultérieures. Cependant, faute de réservations suffisantes, Châteauroux et Voujeaucourt sont finalement annulées. Mais, Status Quo se produit deux fois en France, à l'Olympia de Paris, le 30 avril et à Nantes, le 1er mai. 2.000 personnes sont présentes à l'Olympia et 3.000 à Nantes. Le groupe débarque, à Paris, alors en pleine manifestation anti F.N dont son président Jean-Marie Le Pen est présent au second tour de la présidentielle. Pas de chance car les membres ont plusieurs heures devant eux et désirent profiter des charmes de la capitale française. Le succès est au rendez-vous et le groupe est heureux de jouer en France. Six ans que le groupe n'a plus joué à Paris ! Jamais, depuis son succès, Status Quo n'aura attendu autant de temps entre deux représentations parisiennes. Rick Parfitt accorde, avant l'Olympia, une interview au fan-club français, le Quomotive. Le guitariste blondinet y déplore le manque de concerts du Quo en France et accorde qu'il aimerait refaire le Zénith de Paris, salle qu'il trouve fabuleuse. Le lendemain à Nantes, la presse locale relate le concert de la façon suivante : " Chaque titre est un hymne. La salle entière secoue la tête, remue des hanches, effectue des pas de danse, etc ... ".

Après ces nouveaux succès scéniques, les fans français attendent la sortie de 'Heavy traffic', le dernier album du groupe. Avant la sortie officielle, des rumeurs semblent promettre un retour au son et au boogie endiablé des années 70. Il semble prometteur d'autant plus que Rick Parfitt, lors du concert de l'Olympia, avait confié au journal Le Matin, que c'était le meilleur album depuis 'Hello' en 1973. Le 23 septembre, comme partout dans le monde, la France découvre le dernier album de Status Quo. Il est effectivement reconnu comme l'un des tous meilleurs albums du groupe. Les adhérents du site QuoFrance, le placent même, lors d'une grande enquête, à la seconde place derrière son illustre prédécesseur à la pochette noire. Certains ne manqueront pas de signaler que les ventes ne s'élèvent qu'à une dizaine de milliers d'exemplaires mais ceci représente le double de celle de 'Under the influence'. La critique française se rapproche du groupe même Rock & folk écrit que l'album n'est pas mauvais et que Status Quo est encore capable d'écrire de bonnes chansons.

Dans le cadre de la promotion de 'Heavy Traffic', Quo donne un concert à la Cigale de Paris, le 20 octobre. La veille, sont prévus une séance de dédicaces et un mini-show à la FNAC de Montparnasse qui, finalement sont annulés suite à un désaccord entre le groupe et la direction de la FNAC. Eric Favé et Bruno Ponchon profitent de la présence de la formation en France pour interviewer Rossi. Ce dernier n'est pas enchanté par le choix de la salle. Il s'explique : 'Il nous a été dit qu'on aurait pu remplir trois ou quatre fois la salle, alors qu'est-ce qu'on fout là. Je n'en sais rien ! j'aurais préféré jouer à l'Olympia. De plus, je ne sais pas qui a racheté l'Olympia, récemment. Normalement, quand quelqu'un rachètre une salle de spectacle, il rafait la façade, là où rentre l'argent, pour attirer les gens. Celui qui a racheté l'Olympia, il a fait refaire les coulisses et c'est fantastique ! La scène est fantastique. Alors j'aurais préféré, de loin, jouer là-bas. C'est une salle que j'aime bien'. Malheureusement, le concert est écourté à cause d'une inflammation de la gorge de Parfitt. 'Mystery medley' et 'Big fat mama' sont retirés de la set-list déclenchant une certaine frustration de la part des supporters jugeant le concert trop court. Mais un concert de Status Quo est toujours trop court tellement il dégage de fun et de puissance. Une vidéo amateur montre la formidable ambiance qui régna dans la salle. 1.000 Français firent autant de bruit de 5.000 Anglais. Mais, il faut bien le constater. Status Quo doit se contenter d'une toute petite salle, loin des fastes d'antan. Pourtant, la presse française se fait l'écho d'une certaine renaissance de popularité en France. Guitar&Bass, Hard Rock magazine, Crossroads et Hard'n'heavy sont présents. Seul, l'hostile Rock & Folk est aux abonnés absents. Les interviews fusent de toute part et révèlent, entre autre, que le groupe a repris une certaine confiance avec 'Heavy traffic' et qu'il aime la France. 'J'ai l'impression que le public français est lunatique. Un jour, tu seras très bien accueilli, mais un autre jour, on ne voudra plus t'entendre. Si tu n'es pas dans le créneau mode, alors les gens ne veulent pas de toi.' lache Rhino au magazine Hard'n'Heavy. Après avoir pris leur 'breakfast' dans un restaurant de la Tour Eiffel, le groupe quitte donc la France direction la Belgique et Bruxelles. Pour la première fois depuis Don't Stop, la promotion du nouvel album semble bien assurée, c'est l'avantage d'avoir signé avec une grosse compagnie. Alors, en cette fin d'année 2002, le groupe a-t-il réussit à se refaire une place concernant les ventes de disques ? La réponse semble malheureusement s'orienter vers une connotation négative. A la mi-octobre, Universal avance le chiffre de 9.000 exemplaires vendus à travers le pays ce qui, toute proportion gardée, reste un chiffre encourageant. Mais, les semaines suivantes, les ventes se raréfient pour n'atteindre qu'un bilan global de 11.000 unités, à la fin de l'année. Certes, c'est trois fois plus que 'Under the influence' mais six fois moins que 'Don't stop' ! Pourtant, il est pratiquement certain que si le groupe avait effectué une tournée promotionnelle aux quatre coins de l'hexagone, à cette époque, les ventes auraient été beaucoup plus nombreuses ! Cette tournée ? Rick Parfitt va la promettre pour l'année 2003 ! Bien sûr, cette déclaration ne manque pas de faire sensation dans la communauté des fans français quelque peu délaissés depuis 1996.