France 2003 - 2005

En 2002, Parfitt avait annoncé une tournée française pour l'année suivante. La concrétisation de ce tour tarde à se faire et peu à peu, l'espoir un peu fou laisse place à une inquiétude justifiée de ne pas voir Quo en France en 2003. En février et mai, Crossroads, jeune magazine d'à peine deux ans publie, pourtant, deux articles sympathiques sur la formation. Dans le même temps, c'est avec joie que nous apprenons que le groupe se produira finalement au festival de Montereau le 12 juillet pour ce qui sera sa seule représentation française de l'année. Status Quo est tête d'affiche en ce samedi caniculaire. 'A Londres, en 1962, se croisent deux collégiens d'une douzaine d'année qui décident de créer leur groupe de rock'n'roll. Depuis quarante ans et plusieurs dizaines de millions de disques vendus, dans le monde, leur aventure continue. Un concert de Status Quo, c'est déjà une fête en soit. Les aficionados du hard le savent. Que ceux qui n'ont jamais eu la chance ni l'opportunité de rentrer dans l'arène du légendaire rock-boogie de ce groupe, nous rejoignent de 12 juillet 2003. Status Quo ! L'essayer c'est l'adopter' telle est formulée l'annonce du festival.


Le stand du Quomotive à Montereau (Votre webmaster, mon fils, Guillaume et Lionel du Quomotive)
Le stand du Quomotive à Montereau (Votre webmaster, mon fils, Guillaume et Lionel du Quomotive)

C'est sur fonds de mouvement de protestations des intermittents du spectacle que démarrent les festivités. Justement, par peur de manifestations, le groupe attend patiemment son passage sur scène, dans son bus. La chaleur est caniculaire. Jusqu'au dernier moment, chacun peut craindre une annulation mais l'après-midi se déroule sans problèmes et c'est à 22 heures précises que Parfitt, guitare pointée vers le ciel lance le traditionnel accord de 'Caroline' devant 1.500 spectateurs à peine car si le festival a bel et bien lieu, beaucoup ne se sont pas osés à effectuer des centaines de kilomètres sans avoir la certitude de voir Quo sur scène. Mais, en professionnels qu'ils sont, les cinq musiciens délivrent leur boogie brut, rafraîchissant, puissant dans une ambiance délirante ce qui fera dire à John Edwards que, malgré le peu de personnes, le public a été super. Super ? Oui, sûrement mais que dire du groupe ? A nouveau les superlatifs semblent superflus. Status Quo est le groupe à voir sur scène et chacun déplore l'insuffisance de sa présence sur le territoire français.


Alors, en ce magique 12 juillet, chaque fan déguste ce moment unique. Francis Rossi est, ce soir là, d'une humeur joviale plaisantant avec un fan lui demandant avec insistance 'The oriental'. 'Go home' lui rétorque alors Rossi qui, dans le même temps, se fait bombarder de moustiques, à plusieurs reprises, certaines allant même jusqu'à lui explorer la gorge pendant 'All stand up'. Le magazine Band of Dixie y va de son petit commentaire : 'Tout juste le temps de changer le matos et de positionner les Panneaux "Heavy Traffic" que les rois du boogie-rock entrent sur scène... C'est parti avec (comme d'hab') "Caroline"... Ho la la, quelle pêche, quelle présence !! Rick Parfitt semble au meilleur... parfois j'ai même l'impression qu'il n'a pas changé depuis 25 ans... ha si c'était vrai... Le Quo enchaîne tout ce que son fidèle public est venu chercher, c'est à dire les incontournables que sont entre autres "Rain", "Mistery Song", "Again And Again", "Forty Five Hundred Times", "Dont Waste My Time", "Down Down", "Roll Over Lay Down", "Rockin' All Over The World", "Big Fat Mama", etc.. J'en passe et des meilleures ! Fabuleux Status Quo, même si parfois on ne peut s'empêcher de penser que ce serait encore mieux avec Alan Lancaster et John Coghlan, mais bon, c'est la vie, alors merci a vous Francis et Richard d'être encore et toujours là !' Peu avant minuit, le groupe quitte la scène pour aller s'endormir dans un superbe hôtel de Fontainebleau.


Au mois de mars 2004, 'Heavy Traffic' est classé n°12 dans le magazine de rock, Crossroads. C'est un évidemment un bon résultat mais qui ne suffit pas à faire augmenter de manière significative, les ventes du groupe. 2004 est malheureusement, une nouvelle année vierge de tous concerts de Status Quo dans notre hexagone. L'échec de Montereau a certainement laissé quelques traces. Les producteurs français, déjà frileux avec le Quo, ne se voient pas investir un seul centime dans un hypothétique concert. Pourtant, il est question, pendant un moment que Status Quo vienne se produire à Tours, le 11 septembre 2004, lors d'un rassemblement de bikers. Hélas, le tarif prohibitif pratiqué par le management du groupe, estimé à 112.000 euros appelle les organisateurs à revoir leur copie et finalement à renoncer au projet. Le groupe semble dans une impasse face au marché français. Andy Bown admet regretter l'époque où ils y étaient très populaires. Il faut attendre le 26 août 2005 pour voir le Quo en France et encore c'est au Sporting club de Monte-Carlo devant une audience loin des habituels fans du Quo. La fille d'Andy Bown et son petit ami effectuent le voyage pour voir le concert. Hommes en smoking et femmes en robes de soirée, assis à table dégustant vins, champagne, caviar et autres mets plus raffinés les uns que les autres, voici vu de la scène l'audience snobinarde avec laquelle Quo va tenter de mettre le feu. Le groupe est nerveux avant de monter sur scène. Quelle va être la réaction de ce public peu habitué aux fastes du rock'n'roll. 'Ce fut une bonne surprise. Je pensais que le Sporting club de Monte-Carlo, avec ses hommes en costumes et ses femmes endimanchées, rien ne pouvait être plus mauvais pour nous. Au moment où nous sommes montés sur scène, tout le monde avait fini de dîner et avait bu quelques verres de vin. Nous sommes devenus intimes avec le public et certains enfants, debout devant la scène nous lancèrent des fleurs ce qui était très sympa ...jusqu'à la 200ième. Mais, ce fut une superbe audience et j'ai réellement apprécié ce concert' explique Parfitt. Peu de temps après, en 2005, la nouvelle maison de disques, Sanctuary, semble prête à inverser la tendance. Le nouvel album du groupe bénéficie d'une promotion légèrement supérieure à celle qu'a pu avoir 'Heavy Traffic'. Par exemple, il bénéficie d'une page entière de publicité dans 'Crossroad' qui, cependant ne lui réserve pas une critique très favorable mais très objective. La distribution semble mieux assurée. Il est même évoqué deux jours de promotion où le groupe doit se rendre à Paris pour quelques interviews et même, semble t-il, le journal de France 2. Pour diverses raisons, rien de cela ne sera réalisé. La première semaine de mise en vente, 'The party ain't over yet' se classe à une petite 184ième place des ventes. Et ce sera tout ! Alors que tout le monde pense que la seconde semaine sera synonyme de progression, l'album disparaît sans laisser de traces. Le chiffre brut de vente avoisinera les 5.000 exemplaires, une véritable catastrophe. C'est une nouvelle claque pour le groupe. De ce fait, inutile de préciser que ni maison de disques ni management ne sont disposés à financer quelques dates, à travers la France. Pourtant, le potentiel français existe toujours mais il sommeille véritablement. Lorsque l'on évoque le nom 'Status Quo', souvent la réponse suivante fuse : 'Ils existent toujours ?'. C'est un peu l'histoire du chat qui se mord la queue. Il n'y a plus de promotion pour réveiller le potentiel qui dort et le silence de tous ces spectateurs possibles n'incite pas les promoteurs à se lancer dans le financement d'une tournée qu'ils pensent irrémédiablement vouée à l'échec. 

Toute la communauté francophone peut, néanmoins, se réjouir lorsque le 1er décembre 2005 voit la parution de la première biographie française écrite sur le groupe. Concoctée par deux des fans les plus fidèles au monde, Philippe Robin et Philippe Duponteil, elle comporte plus de 450 pages comportant diverses anecdotes et autres histoires sur la vie de la formation londonienne. 'La route sans fin' (édition Camion Blanc) est le livre que chaque supporter du groupe se doit de posséder ! Superbe consolation car les fans français auront attendu toute l'année une hypothétique date de concert. La tournée du quarantième anniversaire ne peut négliger la France. Mais rien ne verra le jour et, à la fin de l'année, les Français comme tous les fans du monde entier sont sous le choc de la maladie de Rick Parfitt. Mais, le 20 décembre, les nouvelles provenant du management sont rassurantes. Cerise sur le gâteau, le lendemain, Gérard Drouot Productions annonce un concert du Quo, à l'Olympia, pour le 22 octobre 2006.