France 1981

Enfin, les deux ans d'absence prennent fin lorsque le groupe annonce sa tournée 'Never too late' au début de l'année. Treize dates, à travers tout l'hexagone sont programmées (La Bretagne, cette fois-ci est, cependant oubliée). Le 24 mars 1981, Status Quo se produit à Rouen sous un chapiteau, rayé blanc-bleu, au parc des expositions. En ce mardi de printemps, c'est un temps typiquement normand qui accueille le groupe. Vents et pluies se sont invités. Le concert est incertain, la salle étant inondée risquant à tout moment de provoquer un grave court-circuit. La décision est, néanmoins, prise de jouer ! Malgré le froid et la boue, 2.000 personnes sont présentes pour voir John, Rick, Alan, Francis et Andy donner une représentation à la hauteur de la réputation du groupe. Ce n'est évidemment pas l'avis de Rock'n' Folk qui a dépêché, sur place, un journaliste dans le seul but de descendre le groupe.  'La formule n'a pas varié d'un iota depuis dix ans et plaît toujours. 



Quatre types (cinq en comptant l'organiste Andy Bown) multipliés par trois accords, çà donne douze mesures, inlassablement répétées avec juste ce qu'il faut de variation pour pouvoir décemment donner un titre différent à chaque version de l'unique chanson qui compose le répertoire des Quo. Jusqu'à présent, les titres les plus adéquats ont été 'Again and again' (no comment) et 'Down down' (car pour ce qui est viser bas ...). On peut se laisser prendre le temps d'un morceau ou deux mais après on navigue uniformément en eau trouble de 'Black water' à 'Dirty water'. Le Quo réussit, l'exploit n'est pas mince, de transformer une musique noire en une chose dénuée de swing et de sensualité, calibrée comme un produit manufacturé). Article pour le moins assassin !

Pendant le concert, le fameux câble électrique détrempé est surveillé car, à tout moment, le risque d'un court-circuit est présent. Après la représentation, le groupe sans Francis Rossi, prétextant une migraine, semble t-il, se retrouve au studio 44 de Grand Quevilly afin  d'y recevoir deux nouveaux disques d'or. Alan Lancaster accorde, à cette occasion, une interview pour FR3 alors que Parfitt et Coghlan sirotent petits fours et champagne, à volonté. Ces nouvelles récompenses concernent 'Whatever you want' et 'Just supposin'. Ce dernier devenant le disque qui s'est vendu le plus rapidement en France atteignant le statut de disque d'or moins de six mois après sa sortie, avec 200.000 exemplaires vendus, presque autant pour 'Whatever you want'.  Le lendemain, le Quo est de nouveau sur la brèche en se produisant à la Rotonde au Mans. Lors de ce concert, alors que le groupe interprète, de manière énergique, 'Little lady', une panne de courant le stoppe de manière brutale. La panne rapidement réparée, 'Little lady' sera de nouveau interprétée. Le groupe est invité par la production de l'émission 'Incroyable mais vrai' présentée par Jacques Martin, le dimanche après-midi. Rossi, Parfitt, Lancaster et Coghlan déboulent sur la scène de l'Empire Wagram, habillés d'inhabituels survêtements Adidas, bleus azur. Souriants, aimables saluant mains au ciel, ils saluent le public qui semblent leur faire une certaine ovation. Après une brève et peu convaincante interview menée par l'animateur de l'école des Fans, Status Quo se voit remettre un diplôme comme groupe de rock le plus vieux (déjà !) et le livre des records. Jacques Martin conclut l'émission de la manière suivante. 'Au revoir ...et revenez nous voir bientôt avec un nouveau record'. L'animateur, aujourd'hui disparu, était, peut-être loin de penser que le groupe avait encore quelques années devant lui. Ce fait est relaté dans le magazine 'Rock en stock' du mois d'avril 1981.



Rick et Alan au studio 44 de Rouen, lors de la remise des disques d'or
Rick et Alan au studio 44 de Rouen, lors de la remise des disques d'or

Quo est de retour le 4 mai à St Laurent du Var pour la suite de la tournée. Entre-temps, 'Something bout you baby I like' est entré, le 20 mars, pour quatorze semaines, dans le classement singles à la 37ième place. Le 5, le groupe joue à Marseille sous un chapiteau sur le parking du stade vélodrome devant 5.000 personnes et après quelques représentations en Espagne et au Portugal, les villes de Toulouse (le 14), Bordeaux (le 15), Nantes (le 16), Paris (le 18), Grenoble (le 19), Dijon (le 20), Strasbourg (le 21), Metz (le 22) et Lille (le 23) sont visitées. Cette tournée est certainement celle où le public est le plus assidu, sold-out partout, des places sont même refusées.

La France qui commémore l'arrivée au pouvoir de François Mitterand est joyeuse et les demandes de tickets sont absolument incroyables. Plusieurs dates auraient pu être ajoutées. Pourtant, à nouveau, Lyon, St Etienne et Poitiers, trois villes où le Quo faisait plus de 5.000 spectateurs à chaque concert, sont absentes. A Nantes, est-ce l'effet dévastateur de 'Little Lady' qui fait, que, à l'instar du concert du Mans, en mars, la salle se retrouve dans le noir. A nouveau, une panne d'électricité survint, un câble à haute tension de la ville ayant rendu l'âme. Quelques temps après, le speaker remercie l'EDF de son intervention rapide et le public d'avoir patienté. Néanmoins, le concert sera amputé de 'Don't drive my car'. A Paris, le concert est diffusé en direct dans l'émission 'live' de Dominique Farrant sur RTL. Deux heures de sueur et de boogie intense sont introduit par le journaliste de la manière suivante : 'Deux heures de Status Quo, ça va bastonner dans vos transistors'. Le lendemain, 4.000 personnes se bousculent à l'Alpexpo de Grenoble. Le 21, à Strasbourg, c'est plus de 6.000 personnes qui assistent au concert. Il y fait si froid que Rossi et Parfitt se voient dans l'obligation de tremper leurs doigts dans des verres d'eau chaude afin de les réchauffer et pouvoir jouer convenablement. Le 22, à Metz, Status Quo obtient certainement sa plus grande affluence lors d'un concert français, soit près de 10.000 personnes. Pourtant, Francis Rossi n'est pas au mieux et subit des injections de vitamines. Il est notamment affaibli par une laryngite tenace. Un médecin appelé, à son chevet, pour consulter se déclare même inquiet sur l'état général du lead guitariste de Quo. Puis, la formation se produit de nouveau à la télévision française en interprétant 'Something' bout you baby I like' lors d'une émission de variété diffusée sur Antenne 2 et consacrée à Johnny Hallyday qui ne cache pas son affection pour le groupe qu'il a rencontré, en 1979, en Bretagne. L'album 'Never too late' marche bien en France. A la fin de l'année 1981, il devient le onzième disque d'or de Status Quo. Pourtant, 1981 marque la fin de l'aire Status Quo en France. Une bonne partie des fans les oublieront aussi vite qu'ils les ont encensés.